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Faire son budget

Le guide complet, pas à pas : ce qu'est un budget, comment le construire, le tenir, le rééquilibrer quand ça coince, et qui contacter en cas de difficulté. Aucun chiffre à retenir par cœur — juste une méthode simple pour voir clair dans vos comptes.

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Qu'est-ce qu'un budget ?

Un budget, c'est un tableau qui note, chaque mois, tout ce qui rentre (vos ressources) et tout ce qui sort (vos dépenses). Le préparer à l'avance permet de décider vous-même comment dépenser l'argent que vous gagnez, plutôt que de le découvrir après coup.
  • Les ressources : l'argent sur lequel vous pouvez compter chaque mois — salaire, pension, prestations sociales, revenus locatifs... L'argent sorti d'un livret d'épargne, un découvert autorisé ou une carte de crédit renouvelable n'est pas une ressource : c'est une dette à rembourser ou un puisement dans ce que vous possédez déjà, pas un gain.
  • Les dépenses : tout ce que vous payez dans le mois.
  • Le solde : la différence entre les deux — ce qu'il vous reste, ou ce qu'il vous manque.

Pourquoi faire un budget, même quand "on s'en sort"

On associe souvent le budget à une situation difficile — c'est en réalité un outil utile à tout le monde, y compris quand les fins de mois ne posent pas de problème visible.
  • Voir avant de subir. Sans budget, on découvre le solde du compte a posteriori. Avec un budget, on sait à l'avance si un mois sera tendu, et on a le temps d'agir.
  • Décider où va l'argent, plutôt que le laisser filer. Beaucoup de dépenses (abonnements, petits achats répétés) passent inaperçues précisément parce qu'elles ne sont jamais mises en face des autres postes.
  • Se donner les moyens d'un projet. Un budget ne sert pas qu'à éviter les problèmes : c'est aussi la façon la plus fiable de dégager, mois après mois, de quoi financer un projet (vacances, permis, apport, équipement).
  • Réduire une source de stress. L'incertitude sur "est-ce que ça va passer ce mois-ci" pèse au quotidien. Un budget, même approximatif, remplace cette incertitude par une réponse claire.
Il n'y a pas de bon moment pour commencer autre que maintenant, et pas de niveau de revenu qui rend la démarche inutile.

Calculer ses ressources réelles

Avant de regarder les dépenses, il faut une base fiable côté ressources — c'est souvent plus subtil qu'il n'y paraît.
  • Partez du montant net perçu, celui qui arrive réellement sur le compte (salaire net, pas salaire brut). C'est le seul chiffre qui compte pour un budget.
  • Revenu fixe chaque mois (salarié en CDI à temps plein, pension) : prenez le montant net habituel.
  • Revenu qui varie (indépendant, intérim, temps partiel avec heures variables, primes) : basez votre budget sur le mois le plus bas des 6 à 12 derniers mois, pas sur une moyenne optimiste. Ce qui dépasse ce plancher les bons mois vient renforcer l'épargne, pas gonfler les dépenses courantes.
  • N'oubliez aucune ressource régulière : allocations familiales, aide au logement, pension alimentaire perçue, revenus locatifs nets de charges. Une ressource oubliée fausse tout le budget qui suit.
  • Une ressource ponctuelle (prime annuelle, remboursement, cadeau) ne doit pas être comptée dans le budget mensuel récurrent — traitez-la à part, par exemple pour alimenter le fonds d'urgence ou un projet.

Les 3 types de dépenses à distinguer

Toutes les dépenses ne se pilotent pas de la même façon. Les classer par type aide à savoir où chercher une économie, et où ce n'est pas la peine d'essayer.
  • Dépenses fixes, non ou difficilement compressibles : loyer ou crédit immobilier, assurances, abonnement internet/téléphone, électricité, gaz, eau. Peu de marge à court terme, mais mensualiser ce qui peut l'être évite les à-coups.
  • Dépenses courantes, variables ou compressibles : alimentation, habillement, santé et soins du corps, transports (carburant, abonnements). C'est généralement là qu'il y a le plus de marge d'économie.
  • Dépenses occasionnelles ou facultatives : cadeaux, loisirs, restaurant, vacances, réparations imprévues. Pour celles-ci, mieux vaut épargner à l'avance que de les subir en une fois.

La méthode 50/30/20 : un point de départ simple

Quand on ne sait pas par où commencer pour répartir son budget, cette règle de calcul, popularisée aux États-Unis et largement reprise depuis, donne un premier repère — pas une obligation.
  • 50 % pour les besoins essentiels : logement, énergie, alimentation, assurances obligatoires, transport pour aller travailler, remboursements de crédits en cours.
  • 30 % pour les envies : loisirs, sorties, abonnements de confort, shopping, vacances — tout ce qui améliore le quotidien sans être vital.
  • 20 % pour l'épargne et le désendettement : constitution du fonds d'urgence, épargne de projet, remboursement anticipé de dettes.
Ce n'est qu'un repère indicatif : avec un loyer élevé dans une grande ville, la part des besoins essentiels dépasse largement 50 % pour beaucoup de foyers, sans que ce soit le signe d'une mauvaise gestion. L'intérêt de la méthode n'est pas d'atteindre ces chiffres exacts, mais de se poser la question de la répartition entre l'indispensable, le confort et l'avenir.

Papier, tableur ou application : choisir son outil de suivi

Le meilleur outil de budget est celui que vous tiendrez réellement à jour, pas le plus sophistiqué.
  • Un cahier ou une feuille papier : accessible à tous, aucune compétence technique requise, aucune donnée transmise à qui que ce soit. Bien adapté si vous préférez écrire à la main et que vous avez peu de lignes à suivre.
  • Un tableur (gratuit, sur ordinateur ou téléphone) : permet des calculs automatiques (totaux, écarts, graphiques) sans donner accès à votre compte bancaire à un tiers. Demande un minimum d'aisance avec l'outil, mais reste modifiable à volonté selon vos propres catégories.
  • Une application de budget : pratique pour automatiser la catégorisation des dépenses, au prix d'un partage de vos données bancaires avec l'éditeur de l'application. Avant d'en choisir une, vérifiez qui a accès à vos données, si l'application est soumise à la réglementation bancaire européenne (agréée par l'ACPR ou un équivalent européen), et si elle peut être utilisée sans y connecter directement vos comptes si vous préférez rester prudent.
Quel que soit l'outil, la règle qui fonctionne est la même : le mettre à jour à un moment fixe et récurrent (chaque dimanche soir, en fin de mois...), pas seulement quand un problème survient.

Le fonds d'urgence : la priorité avant presque tout le reste

Avant de chercher à investir ou même à rembourser un crédit par anticipation, la plupart des conseillers budgétaires recommandent de constituer une épargne de précaution : une somme disponible immédiatement, pour absorber un imprévu sans devoir s'endetter.
  • À quoi ça sert : une panne de voiture, un appareil électroménager à remplacer, des frais médicaux non couverts, un délai de carence entre deux emplois. Sans ce coussin, ces imprévus se financent par découvert ou crédit renouvelable — souvent la dépense la plus coûteuse à moyen terme.
  • Combien viser : un repère courant est l'équivalent de 3 mois de dépenses essentielles (pas 3 mois de tout votre budget) comme premier palier, avant d'envisager plus. Ce n'est pas un seuil universel : commencer avec 100 € de côté vaut déjà mieux que zéro, et le montant cible dépend de la stabilité de vos revenus.
  • Où le placer : sur un support disponible sans délai ni pénalité (livret réglementé classique), jamais sur un placement bloqué ou dont la valeur peut baisser au moment où vous en avez besoin. La page « Comprendre l'épargne » détaille la différence entre épargne disponible et épargne de projet.
  • Comment le construire quand le budget est déjà serré : un virement automatique, même petit (5, 10, 20 €), programmé juste après la paie, avant que l'argent ne soit visible sur le compte courant. Le montant compte moins que la régularité.

Reconnaître un budget équilibré — ou déséquilibré

Chaque mois, comparez le total de vos ressources à celui de vos dépenses.
  • Ressources > dépenses : budget équilibré. Ce qu'il vous reste peut être mis de côté — pour un imprévu, un projet, ou simplement une marge de sécurité. Exemple : 1 000 € de ressources − 950 € de dépenses = 50 € qu'il est possible d'épargner.
  • Dépenses > ressources : budget déséquilibré. Sans correction, cela oblige à puiser dans une épargne existante et/ou à s'endetter (découvert, crédit à la consommation), ou entraîne des incidents de paiement (chèques et prélèvements rejetés) si la banque ne peut pas ou ne veut pas accorder ou augmenter un découvert — il n'existe pas de droit au crédit ni au découvert. Exemple : 1 000 € de ressources − 1 050 € de dépenses = 50 € à couvrir par de la dette.
Un déséquilibre ponctuel n'a rien d'alarmant. C'est un déséquilibre qui dure qui appelle une réaction rapide — voir la section « En cas de difficultés » plus bas.

Le reste à vivre : l'indicateur qui compte vraiment

C'est un terme utilisé aussi bien par les banques que par les commissions de surendettement : le reste à vivre est ce qu'il reste chaque mois une fois payées les charges fixes incompressibles (loyer ou crédit immobilier, charges de copropriété, assurances obligatoires, énergie, mensualités de crédit).
  • Pourquoi il est plus parlant que le solde global : un même solde positif de 200 € en fin de mois ne représente pas la même marge selon qu'il reste à couvrir avec ça l'alimentation et le transport de 4 personnes, ou d'une seule.
  • Comment le calculer : ressources nettes − dépenses fixes incompressibles = reste à vivre. Rapportez-le ensuite au nombre de personnes du foyer pour obtenir un reste à vivre par personne, plus comparable d'un mois à l'autre.
  • À quoi il sert concrètement : c'est ce montant qui doit couvrir l'alimentation, les dépenses courantes et laisser une marge d'épargne. S'il est très faible ou négatif de façon durable, c'est le signal qu'il faut agir sur les charges fixes elles-mêmes (voir « Renégocier ses charges fixes » et « Budget serré »), pas seulement sur les petites dépenses du quotidien.

Le taux d'endettement : un repère, pas une règle absolue

Une façon simple d'évaluer sa marge de manœuvre avant de s'engager sur un nouveau crédit :
  • Taux d'endettement = (mensualités de crédits + loyer) ÷ ressources × 100
On considère couramment qu'il vaut mieux ne pas dépasser 33 % — c'est le repère le plus souvent utilisé par les banques et les associations de consommateurs, pas un seuil légal automatique. Au-delà, vous n'êtes pas nécessairement en difficulté si le reste couvre bien vos charges de vie ; en dessous, vérifiez tout de même qu'il vous reste assez pour vivre chaque mois une fois ces charges payées — c'est tout l'intérêt de croiser ce repère avec le reste à vivre. Avant de souscrire un crédit, faites vérifier votre propre capacité de remboursement par un professionnel (conseiller bancaire, Point conseil budget).

Tenir son budget mois après mois : prévu, réel, écart

La méthode tient en quatre étapes, à répéter chaque mois :
  • 1. Prévoyez : avant le mois qui vient, notez vos prévisions de ressources et de dépenses, poste par poste.
  • 2. Constatez : au fil du mois, notez en face de chaque prévision ce que vous avez réellement perçu ou dépensé.
  • 3. Comparez : en fin de mois, analysez les écarts — une ressource non perçue, une dépense oubliée ou plus élevée que prévu.
  • 4. Ajustez : reportez ces enseignements sur les prévisions du mois suivant, et recommencez.
Un tableau à trois colonnes (Prévu / Réel / Écart) par poste de ressources et de dépenses suffit — sur papier, sur tableur, ou dans une application dédiée. Les deux ou trois premiers mois servent surtout à calibrer vos prévisions : il est normal qu'elles soient imprécises au début.

Les pièges qui déséquilibrent un budget sans qu'on s'en aperçoive

Certaines dépenses passent sous le radar précisément parce qu'elles ne ressemblent pas à une "grosse" dépense unique.
  • Les abonnements empilés. Streaming, cloud, presse, salle de sport, applications : chacun paraît anodin isolément, mais leur somme peut représenter un poste de dépense entier sans que personne ne l'ait décidé d'un coup.
  • Les essais gratuits jamais résiliés. Le prélèvement commence discrètement après la période d'essai et se fond ensuite dans le relevé.
  • Le paiement fractionné ("3x ou 4x sans frais"). Chaque achat pris isolément semble léger, mais plusieurs paiements fractionnés en cours en même temps peuvent créer un engagement mensuel oublié, qui n'apparaît nulle part comme "un crédit" alors qu'il en a toutes les caractéristiques.
  • Les frais bancaires récurrents. Cotisation de carte, frais de tenue de compte, agios : de petits montants réguliers, rarement vérifiés une fois le compte ouvert.
  • Le doublon fonctionnel. Deux services qui remplissent le même rôle (deux abonnements de streaming vidéo très proches, une néobanque gratuite en plus d'un compte bancaire classique payant) sans que le premier ait jamais été résilié après l'ouverture du second.
  • L'écart entre le prix payé et le prix affiché aujourd'hui. Un forfait mobile ou une box internet souscrits depuis plusieurs années coûtent souvent plus cher que l'offre équivalente proposée aux nouveaux clients, sans qu'aucune augmentation "visible" n'ait eu lieu.
Repérer ces postes demande de relire son relevé bancaire ligne par ligne au moins une fois — c'est exactement ce que fait Scanfunds automatiquement si vous préférez ne pas le faire à la main.

Budget serré : par où commencer pour dégager de la marge

Quand chaque euro compte, mieux vaut agir dans un ordre précis plutôt que de tout essayer de réduire en même temps.
  • 1. Éliminez d'abord ce qui ne sert plus à rien. Un abonnement oublié ou un doublon rapporte une économie immédiate, sans aucune perte de confort réelle — c'est toujours la première chose à traiter.
  • 2. Comparez ensuite ce qui est légitime mais cher. Assurance, énergie, télécom : un service utile peut souvent être obtenu moins cher ailleurs, à niveau de garantie ou de service équivalent (voir « Renégocier ses charges fixes »).
  • 3. Ajustez le variable avant de toucher au vital. Alimentation, loisirs, habillement se pilotent en volume (fréquence, quantité) sans forcément se supprimer entièrement.
  • 4. Ne touchez au logement, à l'alimentation essentielle ou aux soins qu'en dernier recours, et seulement après avoir vérifié toutes les aides auxquelles vous pourriez avoir droit (voir la page « Conseils pour économiser », section aides sociales) — beaucoup d'aides existantes ne sont pas demandées faute d'être connues.
Cet ordre évite l'écueil classique : sabrer d'abord les petits plaisirs du quotidien par réflexe, alors qu'un seul abonnement oublié ou une assurance mal ajustée peut représenter, à lui seul, plusieurs mois de ces petits sacrifices.

Provisionner les dépenses irrégulières

Certaines dépenses ne tombent pas chaque mois, mais reviennent chaque année de façon prévisible — elles déséquilibrent le budget uniquement parce qu'on ne les a pas anticipées.
  • Exemples typiques : impôts non mensualisés, prime d'assurance auto ou habitation annuelle, cotisation de mutuelle annuelle, rentrée scolaire, cadeaux de fin d'année, contrôle technique du véhicule, entretien de chaudière.
  • La méthode : listez ces dépenses sur l'année, additionnez-les, divisez le total par 12. Ce montant mensuel "invisible" est à mettre de côté chaque mois sur une ligne dédiée (ou un sous-compte, une enveloppe séparée), pour que la dépense annuelle ne soit plus un choc au moment où elle tombe.
  • Le réflexe à prendre : dès qu'une facture inhabituelle mais prévisible apparaît, notez sa date et son montant approximatif pour l'année suivante, plutôt que de la redécouvrir à chaque fois.

Renégocier ses charges fixes : le levier le plus rentable

Une négociation réussie sur une charge fixe se répète chaque mois, contrairement à un effort ponctuel sur une dépense occasionnelle.
  • Assurances (auto, habitation). Depuis la loi Hamon, un contrat d'assurance auto ou habitation de plus d'un an peut être résilié à tout moment, sans frais ni justification, pour en souscrire un autre. Comparez à garanties équivalentes, pas seulement au prix affiché.
  • Téléphonie et box internet. La loi Chatel impose d'informer le client avant la reconduction tacite d'un contrat avec engagement, avec un droit de résiliation à ce moment-là. Après la période d'engagement initiale, un changement d'offre ou d'opérateur est en général libre et sans frais.
  • Banque. Le dispositif de mobilité bancaire (depuis 2017) oblige la nouvelle banque à se charger, à la demande du client, du transfert des prélèvements et virements récurrents vers le nouveau compte — un changement de banque n'implique donc plus de tout reconfigurer soi-même.
  • Énergie. Il est possible de changer de fournisseur d'électricité ou de gaz à tout moment, gratuitement et sans coupure, y compris pour revenir ensuite au tarif réglementé si l'offre choisie ne convient pas (sous conditions d'éligibilité).
Ces règles évoluent : vérifiez toujours les conditions exactes de résiliation de votre contrat en cours (durée d'engagement, préavis) avant de vous engager ailleurs, et ne résiliez jamais une couverture en cours avant que la nouvelle soit effective.

Crédit amortissable ou renouvelable : une différence à connaître

Pour financer un achat ou un projet à crédit, préférez, quand c'est possible, le crédit amortissable (mensualité fixe, remboursé sur une durée fixe) au crédit renouvelable (aussi appelé crédit permanent ou revolving). Ce dernier reste disponible en permanence une fois partiellement remboursé, ce qui facilite les rechutes, et revient en général plus cher — il est plutôt adapté à un besoin ponctuel et court, pas à un usage prolongé.

Si vous cumulez plusieurs crédits renouvelables, les regrouper en un seul crédit amortissable peut alléger la mensualité — mais attention : à défaut de la même durée, le coût total peut augmenter même si chaque mensualité paraît plus légère. Demandez toujours le coût total avant de signer, pas seulement la mensualité, et faites vérifier gratuitement l'offre par un Point conseil budget avant de vous engager.

Budget à deux ou en famille : répartir sans perdre en clarté

Mettre des ressources en commun soulève des questions propres à la vie à plusieurs — quelques repères pour garder le budget lisible.
  • Compte joint intégral, comptes séparés, ou les deux. Les trois organisations fonctionnent : ce qui compte est que chacun sache clairement quelles charges sont communes et lesquelles restent individuelles, pour éviter les malentendus plus que pour respecter un modèle "idéal".
  • Répartir au prorata des revenus, pas forcément à parts égales. Une répartition proportionnelle aux ressources de chacun (par exemple, chacun contribue aux charges communes à hauteur du même pourcentage de son revenu) laisse un reste à vivre plus équitable qu'un partage strictement à 50/50 quand les revenus diffèrent nettement.
  • Formaliser les charges communes. Une liste écrite de ce qui est payé en commun (loyer, énergie, alimentation, assurances du foyer, dépenses des enfants) évite les débats répétés sur "à qui de payer quoi" chaque mois.
  • Prévoir un budget individuel, même symbolique. Une somme laissée à la libre disposition de chacun, hors budget commun, réduit les tensions liées au contrôle mutuel des dépenses personnelles.
  • En cas de séparation. Les questions de pension alimentaire, de prestation compensatoire ou de partage des biens communs relèvent d'un avocat, d'un notaire ou d'un médiateur familial — un Point conseil budget peut aider à réorganiser le budget du foyer qui en résulte, pas à trancher ces questions juridiques.

Faire face à un accident de la vie

Perte d'emploi, arrêt maladie prolongé, séparation, décès d'un proche : ces événements bouleversent un budget construit pour une situation stable. Quelques réflexes, dans l'ordre.
  • Perte d'emploi. Inscrivez-vous sans délai à France Travail (ex-Pôle emploi) pour ouvrir vos droits à l'allocation chômage le plus tôt possible — un retard d'inscription peut retarder le versement. Revoyez immédiatement votre budget sur la base des seules ressources garanties (allocation, pas d'éventuel futur salaire), et signalez sans attendre votre nouvelle situation à votre bailleur, votre banque et vos créanciers si un paiement risque d'être impacté.
  • Arrêt maladie ou invalidité. Les indemnités journalières versées par l'Assurance Maladie (CPAM) ne couvrent pas nécessairement l'intégralité du salaire habituel — vérifiez si votre employeur ou une prévoyance complémentaire vient compléter ce montant, et ajustez le budget sur la base de ce qui sera réellement perçu.
  • Séparation. Au-delà des aspects juridiques (voir la section sur le budget en couple), le budget du foyer doit être entièrement reconstruit sur une seule ressource et un seul reste à vivre — c'est le moment de refaire l'exercice depuis le début plutôt que d'ajuster l'ancien budget commun.
  • Dans tous les cas : ne laissez pas la situation s'installer avant de réagir. Un rendez-vous rapide avec un travailleur social, une association de consommateurs ou un Point conseil budget permet de vérifier les aides d'urgence auxquelles vous avez droit (CCAS, CAF, caisses de retraite) et d'éviter qu'un choc temporaire ne se transforme en dette durable.

En cas de difficultés : à qui s'adresser, dans quel ordre

Plus vous réagissez tôt, plus vous avez de chances de trouver une solution avant que la situation ne devienne difficile à rattraper : il est presque toujours plus simple de négocier avec un créancier avant un premier impayé qu'après.
  • 1. Votre conseiller bancaire. Un compte qui passe à découvert ou des rejets de prélèvement sont souvent les premiers signes visibles. Contactez votre banque sans attendre pour faire le point : elle a plus de solutions à proposer en amont qu'après coup.
  • 2. Un travailleur social, une association de consommateurs ou le CCAS de votre mairie. Parler de ses difficultés à une personne neutre est un signe de bonne gestion, pas un aveu d'échec. Un Point conseil budget (dispositif gratuit et confidentiel soutenu par l'État — voir la page « Comprendre l'épargne ») peut faire un point complet et vérifier que vous touchez bien toutes les aides auxquelles vous avez droit.
  • 3. Vos créanciers, directement. Si vous savez à l'avance que vous ne pourrez pas payer une échéance (loyer, crédit, facture), contactez le créancier avant l'incident : un étalement, un report ou un aménagement est presque toujours plus facile à obtenir en amont.
  • 4. La Commission de surendettement (Banque de France). Si vos dettes non professionnelles s'accumulent et que votre budget ne permet plus de faire face à vos engagements, un dossier peut être déposé auprès de la Commission de surendettement de votre département, avec l'aide possible d'un travailleur social ou d'une association. Elle peut rechercher un accord amiable avec vos créanciers ou, en cas d'échec, formuler des recommandations sous le contrôle du juge. Le dépôt d'un dossier entraîne une inscription au FICP (Fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers), qui ferme temporairement l'accès à de nouveaux crédits.

Votre plan d'action du mois

Pour transformer ce guide en geste concret, une checklist simple à parcourir une fois, puis à reprendre chaque mois :
  • Listez toutes vos ressources réelles du mois (section « Calculer ses ressources »).
  • Relisez votre dernier relevé bancaire ligne par ligne, à la recherche d'abonnements oubliés ou de doublons (section « Les pièges à repérer »).
  • Classez vos dépenses en fixe / courant / occasionnel (section « Les 3 types de dépenses »).
  • Calculez votre reste à vivre une fois les charges fixes payées (section « Le reste à vivre »).
  • Si un fonds d'urgence n'existe pas encore, programmez un virement automatique, même petit, dès la prochaine paie (section « Le fonds d'urgence »).
  • Listez vos dépenses annuelles à venir et divisez leur total par 12 (section « Provisionner l'irrégulier »).
  • Repérez une charge fixe (assurance, télécom, énergie, banque) à comparer avant sa prochaine échéance (section « Renégocier ses charges fixes »).
  • Fixez un rendez-vous récurrent avec vous-même (chaque dimanche, ou en fin de mois) pour mettre à jour votre suivi.
Vous n'avez pas besoin de tout faire en une seule fois : traiter un seul de ces points ce mois-ci est déjà un progrès réel.

Emportez votre budget avec vous

Trois outils gratuits, prêts à l'emploi, pour prolonger ce guide chez vous — sans compte, sans inscription.

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Checklist PDF à imprimer

Votre plan d'action du mois en une page, avec un résumé de votre budget si vous avez utilisé le simulateur ci-dessus, prêt à cocher et à afficher où vous voulez.

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Planner mensuel à imprimer

Une page illustrée façon carnet, avec vos revenus, charges fixes, dépenses variables et épargne à remplir à la main — pour celles et ceux qui préfèrent le papier et le stylo.

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Tableau de suivi Excel

Un tableau prêt à remplir (compatible Excel, Google Sheets, LibreOffice) pour suivre vos ressources et dépenses mois après mois, avec les totaux calculés automatiquement.

Ce contenu est une information générale et pédagogique, pas un conseil personnalisé. Les seuils, pourcentages et repères cités (comme 33 % d'endettement, la règle 50/30/20 ou 3 mois de dépenses pour le fonds d'urgence) sont des usages courants, pas des règles légales figées ; les dispositifs mentionnés (lois Hamon et Chatel, mobilité bancaire, mobilité de l'énergie...) évoluent et comportent des conditions à vérifier au cas par cas. Vérifiez votre situation réelle auprès d'un professionnel qualifié (conseiller bancaire, Point conseil budget, travailleur social, avocat pour les questions juridiques) avant toute décision.

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